ppfff

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Enfin !
  • ppfff
  • Enfin !


Depuis le début de l’année (2013) trône dans notre auditorium un intégré à tubes qui ne paye pas vraiment de mine mais pourtant attire tous les regards.

A ma grande surprise, quelques dames l’ont même trouvé beau alors qu’il est encore en chantier ! Avec des transformateurs tout nus !

Son nom de code est I88 mais il n’a même pas de nom de famille, pas encore. Les concepteurs se sont concentrés sur sa mise au point avant de s’inquiéter du baptême.

Ce qui ne l’empêche pas d’être bien né !

Car les concepteurs, on les connait : c’est grâce à leur talent que nous avons pu proposer les appareils by staCCato !


Aussi, à force de s’entendre dire par divers professionnels de la profession qu’ils étaient bien sots de laisser tant de talent et qualités dans l’ombre malfaisante et étouffante des galapiats de staCCato (moi essentiellement !), et que leurs créations diverses incluant les by staCCato ( et même dans ce cas, le mot "création" n’est pas trop fort car à force de modifications, même les by staCCato n’ont plus aucun rapport avec les modèles d’origine) connaîtraient un public plus large s’ils prenaient leur envol, ils ont fini par se dire que, après tout pourquoi pas, mais alors à leur rythme, tranquillement, sans urgence, sans pression, à partir d’une feuille blanche et à condition que les copains leur donnent un coup de main pour la mise en place commerciale, stratégique, etc…

Pourquoi pas, ai-je répondu à mon tour, si vous me sortez le truc qui tue, le machin définitif (en attendant le suivant, du moment qu’il vient de chez vous) !

Pari tenu !

L’I88, premier prototype de la nouvelle gamme d’un fabricant sans nom assène l’évidence que, quoi qu’il arrive, c’est lui qui a raison.

C’en est perturbant.

Un client, qui a pourtant un des plus beaux systèmes que nous avons composés depuis la création du magasin, a fait, dérouté, un commentaire déroutant en écoutant l’I88 sur des Living Voice : « je n’ai jamais eu cette sensation d’être aussi près de la bande Master »

Je me suis alors dit : c’est ça, oui, c’est exactement ce que je ressens.

Un ami du magasin que tous les clients fidèles connaissent pour le voir tous les après-midi dans son Le Corbusier favori a exprimé la même évidence avec d’autres mots : que ça nous plaise ou non, on est obligé d’admettre que c’est lui (l’I88) qui a raison !

Qu’est donc cet I88 ?

Un banal push-pull de KT88 en apparence.

Un peu moins banal dans les faits.

Pas de réelle originalité de schéma soit.

Mais des composants que vous pourrez chercher longtemps dans des appareils vendus au prix de yachts de luxe !

Ce qui en soit ne suffirait pas à en faire un ampli magique s’il n’y avait pas d’une part une parfaite maîtrise desdits composants et d’autre part des astuces en pagaille dans un objet pourtant très compact.

Car accumuler des composants de compétition n’est la garantie d’aucune qualité.

La modulation de l’appareil est entièrement câblée en l’air en Absolue Créations Ul-tim et In-tim, les transformateurs sont propriétaires.
Et bien sûr la possibilité de l’utiliser sans la moindre contreréaction est fortement suggérée quand les enceintes le permettent, avec un résultat pour le moins ébouriffant ! Et pour beaucoup déstabilisant, balayant des décennies de malbouffe hifi.

Le reste est trop long à décrire ; de toutes façons les adorateurs de marques célèbres à la réputation souvent indue refuseront de comprendre où se situe le véritable talent.

Je vais éviter le déluge de mots pour décrire le respect viscéral de l’I88 pour la musique et les musiciens.

On a essayé l’OSNI (Objet Sonore Non Identifié) avec des tubes de sortie PsVane et Full Music Carbone.

Qu’importe, l’appareil est fougueux, débridé, la dynamique explose vraiment et pourtant tout ici est nuances, variations de gammes de micro-dynamique, frémissant et puissant, ce bébé est un volcan  de désir ou une plume ébauchant un motif amoureux sur la peau d’une femme, capable de suivre une inspiration à l’autre dans une accélération qui n’a d’équivalent que le réel. Timbres qu’on ne connaissait pas vraiment, évolution sur le fil des litanies impliquant sans concession la perfection des musiciens, souffle de l’espace où le silence n’est jamais un trou, tels sont les qualités premières d’une liste sans fin d’un objet si vif, précis, puncheur et poète qui met à mal une grande quantité d’enceintes incapables de le suivre dans ses évolutions extravagantes !

Des bémols ? Des réserves ?

Oui, peut être…

Par exemple, sans contre réaction, on peut sur certaines enceintes à bon rendement entendre un peu le souffle des tubes, ben oui, compte tenu du gain, rien d’étonnant.

Une autre ? Mmmhhh, peut-être que l’I88 tranche un peu trop radicalement avec les habitudes de beaucoup d’amoureux du tube par son énergie, sa rapidité et son refus de la moindre complaisance dans les zones bas-médium / grave que beaucoup d’amplificateurs, et pas seulement à lampes, préfèrent flatter.
Hum, tout compte fait, ce n’est pas un défaut ça, c’est plutôt lui qui est dans le vrai. Car cette particularité donne aussi un panache, une précision, une articulation, une richesse prolixe dans une zone si souvent embrumée…

Une troisième, une vraie cette fois ? Allez : peut-être que sur les premiers minuscules décibels, le corps, l’incarnation ne sont pas encore tout à fait en place, il faut grimper d’un cran.

Nos amis y travaillent, mais surtout pour ceux qui n’auraient pas besoin de la puissance du machin, il existera une version EL34.

Ce premier I88 est désormais abouti, sauf la présentation finale (ce qui n’empêche pas de le proposer à la vente avec succès !) et va donner naissance à une ligne présentant deux déclinaisons simplifiées du même modèle dans le but de proposer une entrée de gamme autour de 3000 à 3500 € ! Un bonheur accessible !

Donc en attendant d’autres appareils (il est question d’un parallèle de 211 !), la gamme se composera de 3 versions de l’I88 et autant d’I34 puisque ce modèle est parfaitement adaptable à l’emploi d’EL34 moyennant quelques modifications dont un transformateur d’alimentation différent évidemment.

Quant au nom de la marque, les concepteurs hésitent encore.
Dans la short List apparaissent deux idées assurément parlantes :
-    LIM pour Less Is More
-    Ou ppfff
J’aime particulièrement ce dernier qui évoque avant tout l’écriture musicale, les deux p de pianissimo et les trois f de fortississimo, et suggère en même temps qu’il n’est pas question de se prendre au sérieux !

Voilà qui nous change !